Actualités - Gestion
Braives : pour 80.000 euros de plus...
3 octobre 2007

C’était il y a un peu plus d’un an. Malgré les multiples protestations de groupements de randonneurs, de riverains ou autres habitants ou non de la commune de Braives, les autorités communales de cette dernière procédaient à la mise en dur d’un joli chemin sinuant entre les villages de Ville-en-Hesbaye et Brivioulle. A quelques encablures de là, le Ravel de l’ex-ligne 127 égrène pourtant ses kilomètres de macadam, offerts notamment aux personnes qui seraient allergiques au plus petit signe de présence de boue, d’ornières ou autres flaques d’eau.

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Le chemin avant...
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...et après.

Mais voilà, les détours obscurs des plans de mobilité ont engendré l’idée bizarre que le bonheur des randonneurs et des riverains serait sans doute atteint en rajoutant quelques hectomètres de béton dans une région qui par ailleurs (ô vertus du remembrement !) n’en manque pas. Et donc, dans la discrétion des collèges communaux, l’idée fut adoptée de consacrer les deniers publics (près de 80.000 euros) au bétonnage de 800 mètres d’un chemin qui avait su jusqu’alors conserver son caractère agreste.

Mais que reprochait-on à ce chemin ? Trois ou quatre mètres éventuellement un peu délicats, qui pouvaient obliger après de fortes pluies à quelques pas de travers ? La possibilité limitée (mais pas l’impossibilité !) pour un vélo de route de passer sur un chemin sans revêtement en dur ? Itou pour une personne moins valide ? L’obligation de devoir de temps en temps procéder à un léger entretien ? Sur le fond, nous ne le saurons sans doute jamais.

En tous cas, cavaliers, promeneurs, randonneurs pédestres, joggeurs, vététistes... tous se satisfaisaient pleinement de ce petit chemin bucolique. Mais tout cela est révolu. Les engins de terrassement sont passés, le béton a coulé et le nouveau revêtement en dur est là. D’y avoir circulé récemment m’a poussé à faire un petit état des lieux et de voir si les récriminations, craintes et critiques à l’égard de ce projet étaient finalement fondées ou, au contraire, de constater les éventuels bienfaits, avantages et améliorations qui pourraient résulter de cet investissement public. L’argent du contribuable a-t-il été dépensé à bon escient ?

Premières constatations, la « piste » centrale sur la partie bi-bande (2 bandes de béton encadrent une allée de terre) est un vrai chausse-trappe. Passage de véhicules agricoles ? Toujours est-il que l’aspect est parfois peu engageant et que les cavaliers, notamment, hésiteront à s’aventurer sur cette bande, orniérée comme jamais l’ancienne assiette ne l’avait été. Reste le béton : la végétation a repris ses droits sur les accotements mais les sympathiques aubépines ont laissé place aux orties et ronces qui ponctuellement débordent largement sur les bandes revêtues : une fois à gauche, une fois à droite etc.

Le randonneur doit ainsi s’engager dans un jeu de passages latéraux pas toujours commode. Plus loin, le « bi-bande » laisse place à un seul parcours bétonné. Pluies et écoulements d’eau ont amenés sur la surface lisse du béton des coulées de terre humide qui se mélangent aux feuilles et autres débris végétaux pour former ci et là des « surprises » glissantes.

Peu de problèmes pour le piéton mais le cycliste un peu rapide et aux pneus fins pourrait se payer quelques belles frayeurs. Aussi n’est-il pas étonnant que sur ce chemin, les vélos routiers sont toujours aux abonnés absents. Se remémorant l’ancien chemin, un ami joggeur me faisait le constat suivant :« Sans doute pouvons nous gagner quelques secondes, le béton étant plus »roulant« ... mais tel n’est pas notre but lors de nos sorties, sinon, au lieu de courir ici, nous irions faire des tours sur une piste d’athlétisme ».

Sur l’esthétique, les photos sont parlantes : on objectera que celles de l’ancienne situation, avec le soleil et les aubépines en fleur, étaient plus flatteuses. Certes, mais ces photos ont été prises au mois de mai 2006, climatiquement calamiteux, lors d’une journée d’accalmie. Les photos de 2007 ont été prises après une semaine sans pluie. La capacité de l’ancienne assiette à absorber l’humidité était vraiment impressionnante.

On ne peut en dire autant du béton, en particulier en zone ombragée, même après une semaine sans pluie.

Le parcours est donc devenu plus vicieux parce que plus piégeux. Les problèmes d’humidité ne sont pas résolus (un euphémisme !) et l’accessibilité générale est plutôt dégradée qu’améliorée. Un tel développement amène immédiatement à l’esprit que l’espérance des autorités communales de pouvoir se passer d’entretien régulier n’est pas rencontrée. Si, à l’avenir, c’est la politique du « je m’en lave les mains » qui prévaut, les finances communales seront peut-être épargnées mais la qualité de la voirie ne va cesser de se dégrader. Et l’argent public a bel et bien été dépensé, que ce soit par la commune de Braives ou par la Région wallonne. Et il est consternant de constater que ces dépenses, non seulement n’ont amené aucun effet positif notable, mais ont fortement détérioré au détriment des randonneurs de toutes obédiences une infrastructure qui donnait jusqu’alors largement satisfaction.

Pour conclure, je ne peux m’empêcher de me livrer à un petit exercice en partant du principe que l’on veut absolument promouvoir la randonnée et y consacrer quelque 80.000 euros. Qu’aurait-on pu faire d’autre que stupidement bétonner 800 mètres de chemins ?

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La capacité de l’ancienne assiette à absorber l’humidité
était vraiment impressionnante.

Voici quelques suggestions au choix :

- baliser aux normes nouvelles 40 km de promenades
- éditer 8 cartes touristiques avec cartographie IGN (tirage de 2.000 exemplaires chacune)
- acheter 8.000 topoguides des Sentiers GR ou 20.000 cartes topographiques de l’IGN
- acquérir suffisamment de terrain pour établir dix à vingt kilomètres de chemins
- acheter une quarantaine de « Joëlettes » pour handicapés
- ...

Tous ces investissements auraient été largement utiles et en tous cas sans aucun effet néfaste pour l’environnement et le milieu naturel.

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On ne peut en dire autant du béton, en particulier en zone ombragée, même après une semaine sans pluie.

Je posais plus haut la question de savoir si l’argent du contribuable avait été utilisé de manière judicieuse... je laisse à chacun le soin d’y répondre !


 
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