Écologie

Écologie 2016-12-07T16:30:18+00:00
Les haies sont des couloirs écologiques de grande importance - © Sentiers.be

Les haies sont des couloirs écologiques
de grande importance – © Sentiers.be

Dans le contexte actuel d’homogénéisation des milieux et de rupture de leurs connexions, la biodiversité est souvent mise à mal. Sa préservation est devenue une priorité et s’appuie sur le maintien à la fois des habitats et des continuités entre ces derniers. C’est par ailleurs l’enjeu des réserves naturelles et de certaines mesures agro-environnementales consistant à conserver un réseau de réservoirs de biodiversité et des corridors écologiques connectant ces réservoirs.

Les chemins et sentiers prennent une place considérable dans l’élaboration de ce réseau et la préservation de la biodiversité par :

  • la circulation et le flux des espèces floristiques et faunistiques qu’ils facilitent,
  • la diversité des milieux qu’ils traversent,
  • la diversité des habitats qu’ils offrent.

Amélioration de la diversité floristique

Un belle diversité végétale - © Sentiers.be

Un belle diversité végétale – © Sentiers.be

Sur un même chemin, il est possible d’avoir des strates végétales – arbres et arbustes, broussailles, couvert herbacé – dont la composition varie notamment selon le milieu environnant (prairie, forêt, parcelles cultivées, etc.).

Au cœur des grandes cultures, un chemin enherbé représente un petit écosystème prairial tandis qu’en contexte mixte avec la présence de ligneux (haies, buissons, arbres isolés ou lisières), il constitue un écosystème bocager.

Cette diversité floristique, qui est également impactée négativement ou positivement par l’entretien appliqué au chemin, peut offrir alors une diversité de niches (ou habitats) pour la faune permettant aux chemins de devenir de potentiels réservoirs de biodiversité.

Amélioration de la diversité faunistique

Les pollinisateurs

L'abondance et la diversité végétale favorisent l'abondance des auxiliaires et des insectes pollinisateurs - © Sentiers.be

L’abondance et la diversité végétale favorisent l’abondance des auxiliaires et des insectes pollinisateurs – © Sentiers.be

Les pollinisateurs, parmi lesquels les abeilles et les papillons sont les plus connus, sont touchés par la disparition des éléments paysagers (haies, bandes enherbées, talus, etc.) et l’indisponibilité des ressources alimentaires à certaines périodes de l’année.

Pourtant, il a été estimé que 35% de la production mondiale de nourriture était tributaire de la pollinisation par les animaux d’où l’importance de se préoccuper de leurs besoins.

Les chemins et sentiers, et plus précisément leurs bordures herbacées, sont susceptibles d’être des zones de butinage et de chasse et également des couloirs de vol pour les pollinisateurs grâce à la présence d’espèces végétales variées, principalement les plantes à fleurs. Ces espaces peuvent alors contribuer au maintien des populations de pollinisateurs.

Les auxiliaires

La syrphe peut dévorer plus de 70 pucerons en une journée - © Fotolia

Les syrphes et leurs larves sont de précieux prédateurs
des « ravageurs de cultures » – © Fotolia

La diversité floristique et la stabilité du milieu (pas de travail du sol, ni d’ajout d’intrants) permettent la présence d’autres insectes : les auxiliaires des cultures.

Il s’agit entre autres, des coccinelles, des syrphes et des carabidés qui sont de véritables prédateurs d’autres insectes, appelés « ravageurs des cultures ». Ces derniers sont les ennemis des exploitants agricoles contre lesquels sont utilisés des produits chimiques pour protéger les cultures.

Par une consommation parfois vorace (jusqu’à 70 pucerons par jour pour une larve de syrphe), ces auxiliaires jouent un rôle important dans la régulation des ravageurs : rétablissement de l’équilibre proie-prédateur. On parle alors de lutte biologique.

La faune du sol

Les chemins et sentiers sont un refuge pour ces précieux auxiliaires du sol que sont les vers de terre - © Fotolia

Les chemins et sentiers sont un refuge pour ces précieux auxiliaires du sol que sont les vers de terre – © Fotolia

Lombrics, collemboles et autres habitants minuscules… Il est difficile d’imaginer la quantité d’individus et d’espèces qui grouillent dans le sol mais à titre d’exemple, les vers de terre constituent la première biomasse animale terrestre.

Or, les effets positifs de ces petits organismes sur le sol sont nombreux :

  • fragmentation du sol et limitation de la compaction du sol par leurs galeries souterraines,
  • augmentation de l’aération du sol et de la circulation d’eau,
  • développement des plantes amélioré par un accès aux éléments nutritifs et à l’eau facilité,
  • infiltration de l’eau de ruissellement favorisée diminuant alors la sensibilité du sol à l’érosion.

Le fonctionnement du sol est amélioré par la faune qui, de plus, constitue une ressource alimentaire pour un grand nombre d’espèces.

L’absence de perturbations du sol et l’entretien non intensif permettent aux chemins et sentiers d’accueillir cette faune qui s’y installe plus facilement.

Macrofaune

Chevreuil

Les chemins végétalisés sont des refuges
pour le gibier – © Sentiers.be

Face à la diminution des sites de reproduction et des ressources ainsi qu’à la modification de l’équilibre proie-prédateur, l’avifaune a besoin de zones refuges non perturbées.

Le maintien de chemins et sentiers végétalisés permet d’offrir aux oiseaux :

  • en automne-hiver, un site d’hivernage,
  • au printemps, un refuge de nidification,
  • en été, la ressource alimentaire des jeunes par la présence d’insectes et de la faune du sol,
  • toute l’année, un refuge face aux prédateurs, aux intempéries et aux dérangements ainsi qu’une alimentation (feuilles, graines, insectes, etc.).

De nombreuses autres espèces sont favorisées par la flore diversifiée (herbivores) ou par la chaîne alimentaire rétablie (prédateurs) telles que le chevreuil, le lapin, le lièvre, le hérisson, les batraciens et reptiles, les passereaux nicheurs et migrateurs, etc.

Lutte contre l’érosion des sols

Les chemins et sentiers végétalisés peuvent ralentir l'érosion des terres - © Giser

Les chemins et sentiers végétalisés peuvent
ralentir l’érosion des terres – © Giser

Les chemins et sentiers peuvent jouer un rôle quant à la limitation de l’érosion des sols.

L’importance de cette fonction dépendra bien évidemment de leur localisation par rapport à la pente et de leur potentiel en matière de captage d’eau. Il est évident qu’un chemin orienté dans le sens de la pente et revêtu d’un matériau imperméabilisant favorise le ruissellement des eaux.

Au contraire, un chemin perpendiculaire à la pente, enherbé sur la bande de roulement et bordé par une végétation herbacée et arbustive relativement dense possède un pouvoir d’infiltration de l’eau bien plus important limitant le ruissellement et ainsi le risque d’érosion.

Filtrage des intrants

Les excès épandages divers sont ralentis et en partie absorbés par les bords de chemins et sentiers végétalisés - © Sentiers.be

Les excès épandages divers sont ralentis et en partie absorbés par les bords de chemins et sentiers végétalisés – © Sentiers.be

Les chemins et sentiers, et plus particulièrement leurs bordures herbacées, ralentissent l’écoulement des eaux de ruissellement, et jouent un rôle de filtre face à la diffusion des intrants (fertilisants et produits de protection des plantes) utilisés pour améliorer le rendement des cultures.

Conditions

Toutefois, toute la valeur d’un chemin en matière de biodiversité dépendra de :

  • son état (végétalisé, recouvert d’un revêtement imperméable, etc.),
  • sa fréquentation (enherbement plus ou moins accentué, risque de dégradation, etc.),
  • son entretien (date et fréquence de fauche, utilisation de produits phytosanitaires, etc.).