Les menaces sur les chemins et sentiers

Les menaces sur les chemins et sentiers 2016-12-07T23:01:34+00:00

La suppression officielle

Jusqu’il y a peu, les chemins et sentiers étaient souvent les parents pauvres de l’aménagement du territoire. Nombre de lotissements, de zonings industriels ou commerciaux sont à l’origine de la suppression pure et simple de nombreuses petites voiries. Quand ce n’était pas du fait de certains élus trop compréhensifs pour le confort de certains de leurs administrés…

Par le passé, le remembrement rural n’épargnait pas beaucoup de sentiers en dehors du centre des villages.

La prescription extinctive de trente ans

La prescription extinctive de trente ans prévue à l’article 12 de la Loi vicinale est souvent invoquée pour revendiquer la propriété d’un chemin ou d’un sentier. Toute personne qui peut prouver le non-usage d’un chemin ou d’un sentier pendant plus de trente ans, peut en revendiquer la propriété. Mais attention ! Il suffit du passage d’une seule personne, après 29 ans et 364 jours pour remettre le compteur à zéro…

De plus, dans le cadre du décret du 3 juin 2011, cette disposition légale n’est plus d’application depuis le 1er septembre 2012, mais sans effet rétroactif.

Pour en savoir plus sur la prescription extinctive de trente ans…

Les usurpations

Il s’agit probablement de la cause de disparition d’un chemin ou d’un sentier la plus révoltante. Qui ne se sent pas « volé » quand il se trouve bloqué par des fils barbelés ou une clôture traversant un chemin public ?

Le sujet est passionnel et il est bien difficile d’éviter les conflits. En général, le dialogue reste certainement le meilleur moyen de trouver des solutions, mais parfois, certaines personnes ne comprennent que quand le portefeuille est touché…

Les dissuasions de passage

La dissuasion de passage, ce n’est pas encore une usurpation, mais la phase qui lui précède. Il s’agit de décourager les usagers de passer parfois sur un chemin, mais le plus souvent, de jouir d’une servitude publique de passage sur un sentier par toute une série de stratagèmes plus ou moins intimidants : panneaux dissuasifs, manque d’entretien volontaire, comportement agressif, fausses informations, etc.

Rappelons-nous que le droit de circuler en toute liberté sur la voie publique est garanti par l’article 13 1 de la déclaration universelle des Droits de l’Homme. Ce qui n’entre d’ailleurs pas en contradiction avec l’article 17 2 de cette même loi si l’on s’en tient au cadre légal.

La pollution

La pollution ponctuelle

Certains chemins creux sont devenus des décharges locales...

Certains chemins creux sont devenus des
décharges locales… – © Sentiers.be

Certains usagers et riverains sont peu soucieux de leur environnement. Par manque d’éducation, par économie douteuse… Beaucoup de chemins et sentiers ont servi et servent encore de dépotoirs à une minorité de gens.

Par le passé, certains sont même devenus la décharge officieuse du village ou du quartier. Malheureusement, pour une personne peu scrupuleuse qui laissera ses paquets aux couleurs des supermarchés de la région au bord du chemin, c’est l’ensemble des usagers qui en pâtit.

La pollution diffuse

Les petits endroits agréables peuvent vite se transformer en dépotoir - © SGR

Les petits endroits agréables peuvent vite
se transformer en dépotoir – © SGR

La pollution diffuse, c’est celle qui est essaimée par les usagers eux-mêmes. Certains sportifs indélicats n’hésitent pas à balancer leur bouteilles vides dans les buissons. Mais attention, l’argument est parfois utilisé abusivement par certains riverains pour justifier la fermeture abusive d’un chemin ou d’un sentier.

En effet, là où il est facile d’accuser de paisibles randonneurs, plutôt versés dans le respect de la nature, il faut parfois regarder du côté des entrées de chemins et des bords de route, là où s’accumulent les canettes et autres déchets jetés par les automobilistes ou les noctambules éméchés en recherche de discrétion pour leur fin de nuit.

Le manque d’entretien

La nature reprend vite ses droits... - © Sentiers.be

La nature reprend vite ses droits… – © Sentiers.be

Un chemin ou un sentier qui n’est plus utilisé est vite envahi par la végétation. Si un entretien mécanique (taille et/ou débroussaillage) est parfois nécessaire, le meilleur moyen d’entretenir un chemin ou un sentier est de l’utiliser !

Le passage régulier des utilisateurs damme le sol et le passage de tracteurs maintient la largeur du chemin. Un chemin ou un sentier régulièrement entretenu demandera moins d’efforts qu’un chemin abandonné qu’il faut réhabiliter.

Les engins motorisés

L’excès nuit en tout, c’est bien connu. C’est valable aussi pour les loisirs motorisés. Alors qu’un ou deux motards de temps à autre ne provoquerons que quelques désagréments sonores, les concentrations de plusieurs dizaines, voire centaines d’engins motorisés sont souvent synonymes de catastrophes pour l’état des chemins et sentiers utilisés. De plus, on est loin d’une image « verte » d’amoureux de la nature revendiquée par les adeptes de ces loisirs puis-qu’aussi bien animaux qu’usagers doux subissent les agressions sonores et poussiéreuses de ceux qui ne considèrent finalement la campagne et la forêt que comme des décors de jeu. Rappelons à ce sujet que le Code forestier interdit toute circulation d’engins motorisés en forêt en dehors des chemins indurés (asphalte, béton).

La transformation en routes et autres aménagements malheureux…

La construction de voies de chemins de fer et de voies rapides telles que les autoroutes, rings et rocades a provoqué la coupure et la suppression de nombreuses sections de chemins et sentiers.

L’adaptation de certaines nationales en pseudo autoroutes à eu le même résultat. Certains villages se sont vu coupés en deux avec parfois un simple tunnel ou pont comme lien entre les deux parties. Ces voies rapides créent une véritable frontière physique dont l’effet est assez désastreux pour la vie des quartiers et des villages.

Notes :
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État.
2. Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.