« Walk & Talk » avec Étienne Mayeur

On n’est pas obligé d’être un inconditionnel de la marche pour mettre son énergie dans la réhabilitation des sentiers. La preuve avec Étienne Mayeur.

Coïncidence ou pas, nous avons rendez-vous Sentier de la Fosse aux poissons. Après un petit verre de jus de pommes du « sentier des comestibles » que nous allons découvrir, nous voilà partis sur celui-ci. Étienne n’est pas un marcheur invétéré mais il l’avoue lui-même, depuis qu’il s’occupe du sentier comestible, ses « tournées d’inspection » lui font pratiquer la marche. Cependant il l’aime plutôt en solitaire pour pouvoir écouter les oiseaux.

 

Étienne Mayeur, co-moteur de l’association « Rebecq en Transition »

 

Originaire de Soignies et ayant fait ses études à Bruxelles, Étienne et sa petite famille aménage il y a 14 ans à Rebecq, bon point central entre vie familiale et professionnelle. Après plus de 25 ans de travail comme infirmier dans un hôpital psychiatrique de la capitale, Étienne ayant de plus en plus de difficultés avec une médecine pratiquée dans une vision de rentabilité à tout prix, fait le choix il y a quatre ans de quitter le monde du travail. Et pourtant, il ne chôme pas ! Papa à la maison, co-moteur de l’association « Rebecq en Transition », amateur de musique et de photos… sa vie est plutôt bien remplie. D’activité et de gens. Parce que Étienne aime la biodiversité humaine.

Notre histoire de sentier commence il y a deux ans avec le collectif sentier du PCDN de Rebecq. Le groupe Rebecq en Transition, dont le noyau se compose d’une dizaine de personnes faisant tourner la boutique et surtout les réflexions autour de différentes thématiques, rejoint ce collectif. Parmi elles, Étienne donc. La dynamique en place au sein de « Rebecq en Transition » qui se veut un groupe de changement positif, se base notamment sur le principe qu’il ne faut pas réinventer la roue. Il y a donc toujours une volonté de s’associer à d’autres acteurs déjà en place.

 

Des plaquettes explicatives sont produites et disséminées tout le long du chemin reprenant l’usage thérapeutique et culinaire des plantes présentes.

 

C’est à partir d’une dynamique lancée en 2005 par le groupe sentier du Centre Culturel et reprise ensuite dans le cadre du Plan Communal de Développement de la Nature (PCDN) que germe l’idée de réhabiliter le sentier partant du plateau de la Gare, empruntant le sentier des Chevaux et le sentier Marais Bourleau. Son objectif de départ est festif : permettre à tous d’accéder tranquillement et en sécurité à la fête de l’Ortie organisée annuellement le premier mai. Ce sentier oublié permet de faire le lien entre le centre du village et le lieu des festivités en longeant une carrière. Les carrières de porphyre (Quenast et Bierghes) occupent une place majeure dans la commune de Rebecq tant en activité qu’en surface : quasi 50% du territoire de la commune est en zone de carrière. Elles marquent profondément le paysage par leur étendue.

Le sentier est rapidement débroussaillé mais catastrophe, suite à de fortes pluies, le sentier situé en bord de buttes de carrière s’effondre totalement. La fête approche, le sentier a disparu, la déception est grande. Et puis, coup de poker, Étienne et ses amis décident d’interpeller l’exploitant de la carrière. Et là, surprise, le projet est accueilli avec enthousiasme et les grands moyens nécessaires sont mis à disposition. Il faut dire que chez Sagrex on ne manque pas de grues, pelleteuses et autres engins. Ni une ni deux, le sentier est remis en place mais dans une version « contournement » en parallèle de quelques mètres par rapport à la version originale pour des raisons de contraintes techniques.

 

 

Dans le dossier de présentation du projet l’idée d’en faire un sentier balisé didactique sur les plantes comestibles a été ajoutée. Des plaquettes explicatives sont produites et disséminées tout le long du chemin reprenant l’usage thérapeutique et culinaire des plantes présentes. Le tout renvoyant via un QR code à un site internet[1] bien fourni. « Rebecq en Transition » s’est aussi associé avec l’asbl « Dimanche à la campagne » qui organise des ateliers et stages de « Cuisine Buissonnière » et des balades nature à la découverte des fleurs et des plantes sauvages comestibles. Un jus de pommes du sentier a même été produit grâce aux pommes du verger d’une riveraine. Enfin il y a même eu des effets collatéraux inattendus au projet : la réhabilitation du sentier a permis de stopper l’inondation des caves des maisons situées dans le quartier en contrebas. Le financement a été partagé entre le carrier pour le déplacement et la remise en état du sentier, la commune pour le don d’arbustes à planter et le creusement d’un fossé, une bourse de la banque CERA, une aide de la Province et un crédit pont octroyé par l’asbl « La Petite Echelle ».

Actuellement le sentier se parcourt sur un aller-retour de 1,8 km dans sa version aller simple. La commune de Rebecq est fortement éclatée et a besoin de retrouver des liens physiques entre ses villages. L’envie d’Étienne est donc de poursuivre la démarche. Tout d’abord en complétant les aménagements sur le sentier lui-même : aire de pique-nique, géocatching, piste pour la course à pied, plantation de saules des vanniers… Ensuite en intégrant le sentier dans un réseau plus large afin de rendre l’utilisation des petites voiries quotidienne pour les déplacements et plus uniquement pour du loisir.

Il reste donc encore du travail à Étienne et ses compères et surtout des kilomètres à parcourir. Mais on n’habite pas « Sentier Fosse aux poissons » par hasard. Ou alors celui-ci fait bien les choses et à fort bien inspiré Étienne.

 

 

[1] http://www.sentiersderebecq.be/

Par | 2017-09-22T16:18:02+00:00 22 septembre 2017|Portraits, Walk & Talk|

Un commentaire

  1. Etienne Mayeur 26 septembre 2017 at 9 h 52 min- Répondre

    Ravi d’avoir partagé ce beau projet avec vous. Bienvenue à tous et bon appétit, il y a plein de recettes sur le site 😉

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