« Walk & Talk » avec Colette Wibo

« Toutes les bonnes idées viennent en marchant ». Et on peut dire que Colette n’en n’a pas manqué depuis ces dix dernières années.

Ce 16 juin, nous n’avons rencontré que Colette Wibo mais c’est l’histoire d’un vrai travail et d’une passion de couple. Née à la sortie de la guerre 40-45, Colette, originaire de Bruxelles vient s’installer en 1973 à Bousval, actuellement l’une des anciennes communes de Genappe (Brabant wallon). À l’époque elle travaille pour l’université sur une thèse en écologie. « La dynamique des populations de collemboles » pour être tout à fait précis. Parce que Colette, ce qu’elle aime par dessus tout, c’est la nature.

Les sentiers de Baisy-Thy n’ont aucun secret pour Colette, y compris ceux qui traversent les parcelles agricoles.
Ils sont régulièrement fréquentés par la population de la région et sont donc bien visibles parmi les cultures.

Par contre, à l’époque (et encore maintenant), elle n’aimait pas du tout les soirées dansantes, ni les chignons, ni les talons … toutes ces choses « nécessaires » à la recherche d’un mari. Elle est alors marquée par le tempérament d’une de ses tantes célibataire qu’elle retrouve lors de vacances familiales chez les grands parents. Celle-ci s’organise des randonnées en solitaire, ce qui n’est pas rien pour cette époque. En 1970, elle décide alors d’organiser elle-même son premier voyage sur les traces de sa tante. Adieu chignon, talons et autres. Bonjour le sac à dos et les bottines qui sont devenues depuis ses deuxièmes pantoufles. Et ça lui a plutôt bien réussi puisque c’est à l’occasion de sorties qu’elle organise pour observer les oiseaux qu’elle rencontre Ghislain.

Après sa thèse et une vie familiale bien remplie, Colette a envie de se remettre en mouvement. Et c’est tout naturellement qu’elle retourne vers la marche. Elle intègre rapidement le groupe de marche de Genappe et y fait la rencontre de personnes menant des actions pour la sauvegarde des chemins et sentiers : le groupe Sentiers des « Amis de Bousval » et l’association « Chemins 141 » créé autour du projet de réaffectation d’une ancienne ligne de chemin de fer.

Dans la région, beaucoup d’habitants acceptent de bon gré le passage du public sur les sentiers qui traversent leurs terrains. Dans ce cas-ci, les riverains ont même accepté de valoriser
le sentier vicinal N°101 avec le placement d’un panneau toponymique. Les barrières ne sont pas fermées par des cadenas et chacun veille à bien refermer le verrou après son passage.

Ses premiers combats contre la suppression d’un sentier par un « châtelain » local se feront dans ce cadre. Mais Colette aime aussi faire connaître les connaissances qu’elle acquiert progressivement. Elle se lance alors dans l’organisation de ses « Promenades découvertes ». À raison d’une par mois pendant un an, Colette joint l’utile (sensibilisation en passant par les chemins et sentiers oubliés) à l’agréable (promenade et loisir). La dynamique de Chemins 141 s’essouffle peu à peu : le travail est fort juridique, porte essentiellement sur l’inventaire de tous les chemins et sentiers de la commune et les « troupes » sont peu nombreuses. Colette découvre alors l’existence léthargique d’une commission communale « Chemins et Sentiers ».

Grâce à Chemins 141 cette commission ressuscite et prend un nouvel essor. L’entente avec les autorités communales (échevine et éco-conseillère) est productive. La démarche conjointe avec la commune se base sur la diplomatie. Au fur et à mesure on récupère petit à petit. Travaux de réhabilitation, signalisation et balisage des petites voiries, réouvertures de passage, création de nouveaux circuits de promenade. Le thème choisi par Colette est cette fois-ci « Nos villages à pied ». La collaboration avec un habitant du quartier est à chaque fois assurée pour mettre en évidence l’intérêt patrimonial et historique des lieux.

L’entente avec les autorités communales est productive. Pour Colette, la démarche conjointe avec la commune se base sur la diplomatie. Au fur et à mesure on récupère petit à petit…

À côté de tout ce travail de terrain réalisé en binôme : Colette pour les contacts et Ghislain pour la cartographie, la marche est aussi une vraie passion. Un mode de vie au quotidien pour Colette qui marche tous les jours dans le but de se retrouver le plus rapidement possible dans un coin de nature sauvage. La marche l’aide à se déconnecter et à prendre des décisions. C’est le moment où Colette établit ses « to do lists ». Une passion de couple aussi pour la préparation, l’entraînement et l’organisation de voyages. Le GR 126 Bruxelles – Membre-sur-Semois par étape et puis plus exotique, les randonnées en Norvège, Islande, aux Spitzberg, et en Écosse où le Cape Wrath reste un de leurs meilleurs souvenirs.

En plus de ses bottines et de son sac à dos, Colette ne sort jamais sans un appareil photo. Uniquement pour ses archives et comme aide mémoire du travail de terrain à poursuivre. Parce que pour Colette, les photos d’elle, c’est comme les bals, les chignons et les talons, elle n’aime pas ça !

Par | 2017-07-24T20:12:08+00:00 24 juillet 2017|Portraits, Walk & Talk|

Un commentaire

  1. Simone Gregoire 24 juillet 2017 at 22 h 32 min- Répondre

    Bravo Maman. Je suis tellement fière de toi.

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